Améliorer l’accès au dépistage du cancer colorectal dans les communautés des Premières Nations

Les obstacles de longue date au dépistage du cancer ont contribué à l'augmentation des taux de morbidité et de mortalité liés au cancer colorectal dans de nombreuses communautés des Premières Nations. Pour Norine Van Breda, une habitante d’Hudson, en Ontario, une initiative menée conjointement par Santé Ontario, le Programme régional de cancérologie du Nord-Ouest et l’Autorité sanitaire des Premières Nations de Sioux Lookout a fait toute la différence.

« J’avais 59 ans lorsqu’on a découvert que j’avais un cancer colorectal », a-t-elle déclaré. « Mon parcours a commencé parce que l'Autorité sanitaire des Premières Nations de Sioux Lookout menait une campagne en faveur du TIF [test immunochimique fécal]. »

Surmonter les obstacles au dépistage

Le dépistage du cancer colorectal permet de détecter le cancer avant l'apparition des symptômes. Lorsque le cancer colorectal est dépisté à un stade précoce, neuf personnes sur 10 peuvent en être guéries. Le dépistage peut également contribuer à prévenir le cancer colorectal en détectant les polypes susceptibles de se transformer en cancer. Cependant, pour certaines communautés de l’Ontario – en particulier les communautés rurales et éloignées des Premières Nations où la livraison du courrier est peu fiable et irrégulière –, se procurer une trousse de dépistage à domicile s’est avéré difficile. En 2023, Santé Ontario (Action Cancer Ontario) a contribué à combler cette lacune en s'associant au Programme régional de cancérologie du Nord-Ouest, l’Autorité sanitaire des Premières Nations de Sioux Lookout et les établissements de soins de santé à Sioux Lookout et dans les communautés environnantes. Ensemble, ils ont introduit une nouvelle approche : mettre à disposition des kits de TIF à domicile dans les postes de soins infirmiers et les centres de santé pour une distribution directe aux personnes éligibles à leur domicile.

L'histoire de Norine

Après que les résultats du TIF de Van Breda se sont révélés anormaux, des examens complémentaires ont confirmé un cancer colorectal. Elle a été orientée vers un spécialiste à Thunder Bay et a commencé un traitement comprenant chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie.

Le soutien de sa famille et de ses amis l'a aidée à traverser son traitement. Maintenant, elle raconte son histoire pour inspirer guérison et espoir.

« Je sais que des gens meurent parce qu’ils ont honte. Avant, j'avais honte… maintenant, plus du tout. »
- Norine Van Breda
Survivante du cancer colorectal originaire de Hudson, en Ontario

Un impact croissant dans tout l'Ontario

Cette approche communautaire porte déjà ses fruits . Dans la région de Sioux Lookout, le taux de participation au dépistage du cancer colorectal à l'aide du kit de TIF est passé de 8,3% en 2023 à 23% en 2025.

En collaboration avec les programmes régionaux de cancérologie et des partenaires autochtones, Santé Ontario a élargi cette initiative en 2025 afin d'atteindre d'autres communautés confrontées à des obstacles similaires. Cela comprend les communautés des régions de James Bay et Hudson Bay ainsi que du territoire visé par le Traité n°3, ainsi que la distribution par le biais de bus de dépistage mobiles desservant les régions de Hamilton-Niagara-Haldimand-Brant et du Nord Ouest, sans oublier le programme de dépistage mobile Champlain dans la région d'Ottawa.

« Travailler en partenariat avec les communautés des Premières Nations est essentiel pour améliorer l’accès au dépistage du cancer colorectal. Proposer des kits de TIF directement dans les communautés permet de faciliter le dépistage et de mieux répondre aux besoins de la communauté. »
- Michelle Rand
directrice intérimaire de l'Unité dédiée à la santé des autochtones de Santé Ontario

Cette approche communautaire contribue à améliorer le dépistage précoce et à obtenir de meilleurs résultats.

« Les gens doivent commencer à le dire à voix haute – et à le dire plus tôt aussi », ajoute Van Breda. « Pour que les gens puissent dire : hé, faisons ce test. Si le résultat est anormal, nous prendrons les mesures qui s'imposent. Si le résultat est normal, alors vous le saurez, mais faites au moins le test. Je suis contente d'avoir fait le test car le résultat aurait pu être vraiment différent. »

Dernière Mise à Jour: 25 mars 2026